Courants d’air

 

 

 

 

Y’a un espace libre dans ma cabine,
J’attend la bonne personne,
Le combler, ce vide, j’y ai souvent réfléchi,
Besoin de quoi, au juste.
Et puis,
Le vide, quand la porte est ouverte, et que y’a personne pour y entrer,
Y commence à faire froid.
Les courants d’airs y passent,
C’est écrit bienvenue sur le paillasson, mais y’a personne pour le lire.
Y reste là à pourrir, âgé par les intempéries, la pluie, le froid…
Le temps passe puis,
Tu fini par oublier que dans cette cabine, tu y habite aussi
Tu fini par oublier,
Y’a aussi de la place pour toi-même,
Faut entretenir cet endroit, c’est pas quelque chose d’automatique,
Oublier trop longtemps, les portes placardées,
Plus aucun rayon de soleil pour réchauffer le plancher de bois,
Y’a un avantage à ça, y’a moins de courants d’airs qui y habitent.
Tu quittes, l’endroit oublié, même pu dans tes pensées.
Des voyous spottent l’endroit, c’est idéal pour s’y réfugier, le temps d’une injection.
Ça devient vite délabré, toxique, on peut même pu y respirer.
Y’aurait fallu entretenir cet endroit,
Cet endroit qui te permettait de rester paisible,
Cet endroit qui te permettait de vivre simplement,
Cet endroit qui te permettait d’être toi.
Y’a un espace libre dans mon cœur,
J’ai pas l’intention de le laisser dépérir.